Lors des fouilles de l'INRAP à la mosquée de Tsingoni, à Mayotte, une niche scellée a livré un clou de charpente ainsi qu'un fragment de manuscrit coranique. Notre laboratoire a été sollicité pour dater ce dépôt. Retour sur une collaboration où archéologie et science du patrimoine avancent ensemble.
La plus ancienne mosquée de France dévoile son passé
Reconnue comme la plus ancienne mosquée de France, la mosquée de Tsingoni fait l'objet de fouilles menées par l'INRAP. Les archéologues y ont mis au jour les vestiges d'un édifice en pierre plus ancien, datant de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Cette découverte révise de manière significative la chronologie du site
Une niche scellée au contenu inattendu
Au cours des travaux, l'équipe a découvert une niche scellée. À l'intérieur se trouvaient un clou de charpente ainsi qu'un fragment de manuscrit coranique. Une question se posait alors : à quelle époque ce dépôt avait-il été réalisé ?
Fibres de papier et encre : ce que révèle l'analyse
Pour y répondre, notre équipe a mené deux examens complémentaires. L'observation au microscope des fibres de papier renseigne sur les techniques de fabrication utilisées. L'analyse chimique de l'encre apporte quant à elle des indices précieux sur sa composition, qui varie selon les époques. Croisés, ces résultats situent le dépôt à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Cette période correspond à une phase majeure de restauration du monument. Le manuscrit témoigne donc d'une étape plus récente de la vie de la mosquée.
L'archéologie et la science au service du patrimoine
Ce projet illustre pleinement notre mission : fournir aux archéologues des réponses scientifiques fiables pour mieux comprendre l'histoire des sites. Un objet, même modeste, peut apporter un éclairage décisif sur la chronologie d'un monument. Nous remercions chaleureusement l'INRAP ainsi que l'équipe archéologique pour leur confiance.
